Theaters " Aux débuts du cinéma, on montrait dix images par seconde, à l'époque du muet on est passé à seize puis, quand le cinéma est devenu parlant, à vingt-quatre, ce qui est encore le cas aujourd'hui. Regarder un film de deux heures équivaut à regarder défiler les images rémanentes de 172 800 photos. Accumulées en grande quantité, les images mortes paraissent vivantes. Depuis l'Égypte ancienne, ou plutôt depuis l'aube des civilisations, la possibilité d'une résurrection a été l'une des préoccupations essentielles de l'humanité. L'idée m'est venue de photographier ces images qui semblaient animées par la vie, pour les figer une nouvelle fois. Je me suis senti à ce moment-là comme investi d'une mission : ces fantômes rendus à la vie par une accumulation de photographies, il fallait les mettre à nouveau sous clé par le biais de la photographie. Perdu dans ma rêverie, je me suis vu prendre 170 000 photos en une seule prise de vue. L'image qui en résulta était un écran blanc, brillant dans l'obscurité d'une salle de cinéma. Et cette lumière étincelante produite par une surexposition répétée 170 000 fois, se manifestait sous la forme d'une émanation divine. Une présence surnaturelle que l'on aurait pu appeler "la Mort surexposée". " (Extrait du texte de Hiroshi Sugimoto)
Hiroshi Sugimoto (Tokyo, 1948) vit et travaille à Tokyo et à New York. Artiste pluridisciplinaire, il est photographe, sculpteur et architecte. Son art examine la perception du temps et les origines de la conscience et fait le lien entre les idéologies orientales et occidentales. Ses oeuvres figurent parmi de nombreuses collections publiques, dont celle du Museum of Contemporary Art de Chicago, du Metropolitan Museum of Art et du MoMA à New York, de la National Gallery et de la Tate Modern au Royaume-Uni, et du Musée national d'art moderne ainsi que du Musée d'art contemporain de Tokyo. Il a reçu le prix international de la Fondation Hasselblad en 2001, le prix Photo España en 2006 et, en 2009, le prix Paemium Imperial de la Japan Arts Association. Les Éditions Xavier Barral sont engagées dans la réédition de ses séries emblématiques telles que " Dioramas ", " Theaters ", " Seascapes ", " Architecture " et " Lightnings Fields ".
GUILLAUME APOLLINAIRE, LE FLANEUR DE PARISGrand amoureux de Paris, Guillaume Apollinaire trouva dans la capitale une source d'inspiration en même temps qu'un esprit nouveau libérant la poésie de ses contraintes. Zigzagant dans sa vie comme dans ses vers, il collectionna sans relâche les faits divers, les histoires insolites et les rencontres inattendues, indispensables nourritures d'une œuvre volontairement hétérogène et discontinue mêlant le réel et l'imaginaire.
De la Nouvelle Athènes au Quartier latin, de Montmartre à Saint-Germain-des-Prés, la ville devient sous sa plume un terrain de mots où l'imprévu se pare de lumière.1,100/mainssl/modules/MySpace/PrdInfo.php?sn=llp&pc=2503080190002
SAINT GERMAIN DES PRES 100 PHOTOS DE LEGENDEQuelques notes de jazz et tant de souvenirs... La légende de Saint-Germain-des-Prés commence à s'écrire en 1940 quand Sartre et Beauvoir prennent leurs quartiers au Flore ; l'établissement dispose en effet d'un poêle en état de marche, avantage appréciable par temps d'occupation et de restrictions. Elle s'épanouit à la Libération, portée par une jeunesse turbulente qui a envie de s'amuser. La bohème de Saint-Germain des Prés passe sa vie au café et ses nuits au Tabou, habite à l'hôtel et vit de l'air du temps. L'aventure ne dure que quelques années, mais son écho fait le tour du monde. Il en flotte encore le parfum d'insouciance et de liberté dans l'album de famille du quartier réalisé par les plus grands photographes.
The legend of Saint-Germain-des-Prés was created in 1940 by Sartre and Beauvoir themselves, when war-time restrictions made it difficult to keep warm. The bohemian folk of Saint-Germain-des-Prés spent their days at the café and their nights at Le Tabou, the iconic basement of a modest bistro on Rue Dauphine. The adventure only lasted a few years but its echo traveled around the world. The scent of frivolity and freedom still linger in this neighborhood's family album shot by the greatest photographers.820/mainssl/modules/MySpace/PrdInfo.php?sn=llp&pc=2503080190001
JOHN CARPENTER1978, Halloween. À moins de trente ans, John Carpenter invente le croque-mitaine le plus glaçant de tous les temps. Ce carton planétaire le propulse dans la cour des grands. S'ensuit une pelletée de chefs-d'oeuvre, tout genre confondu : biopic musical du "King" Presley (Le Roman d'Elvis), dystopie sur une Amérique fascisée (New York 1997), horreur paranoïaque en Antarctique (The Thing), comédie de kung-fu à San Francisco (Jack Burton), western de suceurs de sang (Vampires). Si le public l'a parfois boudé, son empreinte sur le cinéma est indélébile. Réalisateur, scénariste, compositeur, Carpenter sait tout faire, avec une radicalité et une indépendance d'esprit qui lui porteront préjudice autant qu'elles lui vaudront le respect, voire la dévotion. Retour sur la carrière du pirate à la tignasse blanche, qui a pulvérisé les artifices du rêve américain.1,540/mainssl/modules/MySpace/PrdInfo.php?sn=llp&pc=2501160190001
SOUS-SOLL'ensemble photographique Sous-sol 1 / Sous-sol 2 / Sous-sol 3 dévoile un pan méconnu de la vie du quartier d'affaires de La Défense. Plutôt que le spectacle de ses tours de bureaux, à l'architecture conquérante et étincelante, Margaret Dearing dépeint son envers invisible en s'aventurant sous la surface de la grande esplanade, cette vaste dalle de béton construite à partir de la fin des années 1960. En quarante-et-un clichés, Margaret Dearing explore ces espaces du dessous, qui n'ont d'autres fonctions que de service : faire circuler les personnes, les flux et les objets, stocker les véhicules, connecter les réseaux de transport entre eux et au quartier, permettre l'entretien des locaux, la livraison des marchandises, le fonctionnement des équipements techniques. Si le paysage aérien de La Défense rime avec planification et mondialisation, efficacité et fluidité, lumière et transparence, ces valeurs s'inversent diamétralement dans sa part souterraine : séparation des flux et des publics, stratification des sols, parcours labyrinthiques, zones obscures, matériaux mats aux couleurs sourdes. Cols blancs et cols bleus s'y croisent sans se rencontrer, ignorant les silhouettes plus précaires qui tentent de survivre dans les interstices de ce mille-feuille de béton. Deuxième titre de la collection " Point visuel ", ce recueil photographique restitue sous forme de livre les images créées à l'occasion de la commande " Flux, une société en mouvement " du Centre national des arts plastiques, en 2018-2019. Il est accompagné d'un essai original de la critique d'art Marion Delage de Luget : " Des tréfonds - et de ceux qui en font usage ".1,930/mainssl/modules/MySpace/PrdInfo.php?sn=llp&pc=2501090190003