Quoi de commun entre Voltaire et l'islamisme radical ? Quoi de commun entre Marx et l'antisémitisme nazi ? La haine des Juifs, une haine qui, au regard de l'histoire, apparaît comme la plus longue, la plus intense et la plus délirante ayant jamais visé un groupe humain. S'appuyant sur une documentation considérable, Pierre-André Taguieff nous montre ici comment la judéophobie, quelle que soit sa forme historique, fonctionne sur la base de récits d'accusation, organisés comme des mythes, par lesquels les Juifs sont déshumanisés de diverses façons. L'histoire globale de la judéophobie qu'il nous livre permet de saisir la permanence, la récurrence des stéréotypes antijuifs, mais aussi leur surprenante capacité d'adaptation et de diffusion planétaire, depuis l'antijudaïsme antique jusqu'à l'antisionisme radical qui s'est internationalisé depuis la fin du XXe siècle. Si les Juifs ont longtemps été mis en accusation par l'Occident chrétien, c'est, en effet, l'Occident judéochrétien qui se trouve désormais mis en accusation par ses ennemis, tant intérieurs qu'extérieurs. Comme le montre jusqu'à la caricature le discours des islamistes radicaux, aujourd'hui, la haine des Juifs va, sans conteste, de pair avec celle de l'Occident. Historien des idées, philosophe et politologue, Pierre-André Taguieff est directeur de recherche au CNRS. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont La Force du préjugé, Les Fins de l'antiracisme ou, plus récemment, Prêcheurs de haine.
MYTHES JUIFSOn ignore trop souvent que le judaïsme offre une vision mythique du monde. Pourtant, le mythe est aussi vital que dangereux, aussi libérateur qu’oppressif. Les conséquences théologiques, politiques et esthétiques de cet oubli sont donc terribles. À la croisée de la critique biblique, de l’exégèse rabbinique et de la Kabbale, de la littérature et de la théologie, de l’histoire et de l’anthropologie, cet essai explore la persistance, la beauté et les dangers des mythes juifs.
Contre une vision simpliste, antisémite, qui opposerait le judaïsme au sacré et à la nature, David Haziza revient sur les mythes fondateurs de cette religion et ses liens avec un paganisme que, de la Bible à la Kabbale, elle n’a jamais vraiment refoulé. Pour le meilleur comme pour le pire, le judaïsme est resté païen, mais d’un paganisme sans idoles. Le sacré y demeure, pour peu qu’on y prenne garde, dans la pluralité divine et la part féminine de Dieu, par les sacrifices et tous les rites qui rythment la vie juive, par le symbolisme érotique et le rapport à la mort, par le culte de la terre d’Israël et son corollaire, celui de l’exil, enfin par ce mythe juif par excellence qu’est le messianisme. Grille d’interprétation inédite et salutaire, cet essai nous invite à repenser la modernité aussi bien que le fanatisme, le sionisme que l’antisémitisme.
David Haziza propose ainsi un voyage à travers les textes, l’espace et le temps, où se côtoient prophètes et sages du Talmud, kabbalistes et maîtres du hassidisme, Kafka, Proust et bien d’autres – et surtout, à côté de ces grands, les Juifs ordinaires dont la vie, les rites et la mémoire n’ont jamais cessé d’être structurés par le mythe.1,320/mainssl/modules/MySpace/PrdInfo.php?sn=llp&pc=2501091530001
LA PENSEE JUIVE ET LA BIBLE. PARDES N 68Comment se conjugue la créativité intellectuelle - ce que l'on définit comme « la pensée juive » - et le lien au texte biblique ? Quel type de rapport faut-il nouer avec la Torah pour penser dans sa foulée et, surtout, s'inscrire dans ses « quatres coudées » ? C'est une question très sensible pour fonder la possibilité et la légitimité d'une pensée juive, au regard d'une religion alignée, dans sa version majeure, sur la Halakha. On se souvient de la critique du rav Schakh sur un livre sur les patriarches du Rav Steinshaltz, qui se vit accusé de se comporter comme s'il venait de « jouer aux cartes » avec eux... Dans la visée de cette appréciation, la pensée juive n'est pas légitime. Telle ne fut pas cependant l'hypothèse fondatrice de la pensée de l'Ecole de Paris qui soutînt qu'il y a une intelligence juive du monde. Comment définir sur le plan des schémas de pensée le rapport de la pensée juive, inscrite dans notre temps, avec les textes ? Différents rapports à la Bible se sont développés à travers l'histoire : théologique, archéologique, herméneutique, idéologiques... Ils sont à l'oeuvre aujourd'hui encore. Où nous situons-nous si nous pensons que la Bible est « nouvelle ce matin » ? 1,270/mainssl/modules/MySpace/PrdInfo.php?sn=llp&pc=2308001807398
PARDES N 62 - UNE LAICITE JUDAIQUE ? - Y-A-T-IL PLACE DANS LE JUDAI?SME POUR UN ESPACE PUBLIC ?La modernité a vu la naissance d'une laïcité juive, d'abord déclinée en termes diasporiques puis en termes nationaux, dans l'Etat d'Israël. Elle a opéré une transformation culturelle qui a construit le cadre dans lequel se déploie aujourd'hui le monde juif. Si cette sécularisation a marqué la vie des Juifs, la question du judaïsme y est restée entière. Objet d'accommodement, de déni, de rejet ou de concordat, celui-ci est resté opaque à la lueur des "Lumières" juives. Le statu quo qui définit sa position dans la société israélienne de même que le dilemme étrange de l'Etat "juif et-ou démocratique" en sont les expressions les plus imagées. Le judaïsme reste un problème dans la vie des Juifs contemporains. Et si l'on renversait la perspective, en se demandant s'il recèle des ressources intrinsèques, dans sa littérature et comme absolu de la pensée, pour penser une laïcité qui ne serait plus seulement "des Juifs", "juive', mais aussi "judaïque", inscrite dans les fondements mêmes du judaïsme et pas seulement dans les impératifs du monde moderne ? Bien sûr, cette laïcité serait d'un genre tout à fait différent de la laïcité républicaine, dont la France fut le modèle unique, inséparable d'une transcendance politique. Par "laïcité judaïque", nous entendons plutôt la capacité du judaïsme à concevoir, en vertu de ses propres valeurs et lois, la possibilité d'un espace public, non prédéterminé, et où s'exercerait, pour les individus, la liberté de penser et de se comporter. 1,270/mainssl/modules/MySpace/PrdInfo.php?sn=llp&pc=2308001807385
PARDES N 63 - LE TRANSHUMANISME A L'EPREUVE DE LA BIBLEUn nouveau discours s'impose dans le de?bat public qui annonce le « transhumain », le « post-humain », l'« homme augmente? », le « cyborg », en tout cas « la fin de l'humain », pour reprendrew le titre d'un livre. Quelle est la nature de ce nouvel e?vangile, de ce nouveau « Grand re?cit » sur fond de tous les mondialismes et de tous les progressismes ? Quel est le sens de son apparition aujourd'hui ? Puisqu'il promeut une refondation de l'humain, il nous intime la ne?cessite? de revenir aux fondements, c'est-a?-dire au Livre de la Gene?se et a? sa construction de l'humain, ne serait-ce que parce que les tenants de la de?shumanisation objective de l'homme s'insurgent souvent contre son suppose? enseignement, son naturalisme, son moralisme, son de?terminisme... Que rece?le la philosophie du Livre de la Gene?se face a? ces enjeux et l'appel de l'infini qu'ils donnent a? entendre ? Que pourrait rece?ler la Gene?se d'inattendu, d'ine?dit pour le de?bat contemporain ? 1,270/mainssl/modules/MySpace/PrdInfo.php?sn=llp&pc=2308001807358